Guide Complet : Quitter son CDI pour Devenir Freelance en 2026

Mis à jour le 8 avril 2026·20 min de lecture
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Rédigé par l'équipe IndepNet

Vérifié par un expert-comptable — Taux et règles 2026

Vous envisagez de quitter votre CDI pour vous lancer en freelance ? Ce guide couvre l'intégralité du parcours : de la négociation de votre départ à vos premiers mois d'activité, en passant par le chômage, le choix du statut et les démarches administratives. Utilisez notre simulateur chômage freelance pour chiffrer votre ARE avant de vous décider.

1. La rupture conventionnelle : le sésame du freelance

La rupture conventionnelle est la voie privilégiée par 80% des futurs freelances pour quitter leur CDI. Contrairement à la démission, elle ouvre automatiquement les droits à l'ARE (allocations chômage). C'est un accord amiable entre l'employeur et le salarié, homologué par la DREETS (ancienne DIRECCTE). En 2024, plus de 500 000 ruptures conventionnelles ont été signées en France, dont une proportion croissante liée à des projets de création d'entreprise.

Comment négocier une rupture conventionnelle

La clé est de présenter la rupture comme un bénéfice mutuel. Préparez vos arguments : un salarié démotivé coûte plus cher qu'une rupture conventionnelle. Proposez une transition en douceur (passation, documentation, formation de votre remplaçant) en échange de l'accord. Évitez de mentionner votre projet freelance comme une certitude — présentez-le plutôt comme une reconversion possible.

Quelques conseils pratiques pour la négociation :

  • Choisissez le bon moment : après un succès professionnel, pas en pleine tension
  • Demandez un entretien informel avant l'entretien officiel
  • Préparez un plan de passation détaillé pour rassurer votre employeur
  • Ne menacez jamais de démissionner — cela affaiblit votre position de négociation
  • Si votre employeur refuse, attendez quelques semaines et revenez avec de nouveaux arguments

L'indemnité de rupture conventionnelle

L'indemnité minimale légale est de 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 au-delà. Par exemple, pour un salaire brut de 3 500 €/mois et 5 ans d'ancienneté, l'indemnité minimale est de 3 500 × 0,25 × 5 = 4 375 €.

Vous pouvez négocier au-dessus, mais attention au piège de la carence : l'excédent par rapport au minimum légal allonge le délai de carence avant le versement de l'ARE. La formule est : (indemnité perçue − minimum légal) ÷ 107,9, plafonné à 150 jours. Pour 10 000 € d'excédent, cela représente environ 93 jours (3 mois) de carence supplémentaire. Posez-vous la question : préférez-vous 10 000 € de plus en indemnité ou 3 mois d'ARE à ~1 800 €/mois (soit 5 400 €) plus tôt ? Pour estimer précisément votre indemnité de rupture conventionnelle, vous pouvez utiliser le simulateur gratuit indemnite-rupture.fr.

La procédure étape par étape

La procédure complète prend environ 6 à 8 semaines :

  1. Entretien(s) préalable(s) : au moins un entretien obligatoire. Vous pouvez être assisté par un représentant du personnel ou un conseiller extérieur.
  2. Signature de la convention : document Cerfa n°14598 qui précise la date de fin de contrat, le montant de l'indemnité, et les conditions.
  3. Délai de rétractation : 15 jours calendaires à partir du lendemain de la signature. Les deux parties peuvent se rétracter sans motif.
  4. Demande d'homologation : envoi à la DREETS (en ligne sur TéléRC). La DREETS a 15 jours ouvrables pour répondre. L'absence de réponse vaut homologation.
  5. Fin effective du contrat : au plus tôt le lendemain de l'homologation. Le dernier jour travaillé peut être négocié.

Les documents à récupérer impérativement

Le jour de votre départ, assurez-vous de récupérer trois documents essentiels :

  • Le certificat de travail : atteste de votre emploi et de la durée
  • L'attestation employeur (ex-attestation Pôle Emploi) : indispensable pour l'inscription à France Travail et le calcul de l'ARE. Vérifiez que tous les salaires des 24 derniers mois y figurent correctement.
  • Le solde de tout compte : détail des sommes versées (indemnité, congés payés, prorata 13ème mois, etc.)

Simulez votre chômage

Calculez votre ARE, le délai de carence exact, et comparez ARE vs ARCE.

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2. La démission pour création d'entreprise

Depuis novembre 2019, il est possible de démissionner et de toucher l'ARE si vous avez un projet de reconversion professionnelle validé par une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR, aussi appelée « Transitions Pro »). C'est une avancée majeure, mais les conditions sont strictes et la procédure est longue.

Conditions d'éligibilité

  • Au moins 5 ans d'activité salariée continue (1 300 jours travaillés) dans les 60 derniers mois, chez un ou plusieurs employeurs
  • Un projet sérieux et viable de création ou reprise d'entreprise, documenté par un business plan, une étude de marché, et des preuves de faisabilité
  • Un rendez-vous obligatoire avec un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) — organisme gratuit qui vous accompagne dans la formalisation de votre projet
  • Validation du projet par la CPIR avant la démission — vous ne devez pas avoir démissionné avant d'obtenir l'aval
  • S'inscrire à France Travail dans les 6 mois suivant la démission

La procédure en pratique

La procédure complète prend 3 à 6 mois. Voici les étapes :

  1. Prendre rendez-vous avec un CEP (gratuit, en ligne ou en présentiel)
  2. Formaliser votre projet avec le CEP (2 à 4 rendez-vous sur 1-2 mois)
  3. Déposer votre dossier auprès de la CPIR de votre région
  4. Attendre la décision de la commission (1 à 2 mois)
  5. Si accepté : poser votre démission et effectuer votre préavis
  6. S'inscrire à France Travail dans les 6 mois suivant la fin du contrat

Le taux d'acceptation varie selon les régions mais tourne autour de 70-80% pour les projets bien préparés. Les refus concernent principalement les projets jugés insuffisamment documentés ou non viables économiquement.

Les démissions légitimes

Certaines démissions ouvrent automatiquement les droits à l'ARE, sans condition de projet :

  • Suivi de conjoint : déménagement pour suivre un conjoint qui change de lieu de travail
  • Non-paiement de salaire : justifié par une ordonnance de référé
  • Violences au travail : harcèlement moral ou sexuel attesté
  • Actes délictueux de l'employeur : travail dissimulé, discrimination prouvée
  • Démission pour création après licenciement : si vous avez été licencié d'un précédent emploi et que votre nouvel emploi (démissionné) a duré moins de 65 jours

En pratique, si votre employeur refuse la rupture conventionnelle et que vous ne remplissez pas les conditions de la démission-reconversion, explorez d'abord toutes les pistes avant de démissionner sans droit au chômage : médiation interne, demande répétée, prise d'acte pour manquement grave de l'employeur.

3. ARE ou ARCE : quel choix faire ?

C'est la question la plus importante de votre transition. Une fois inscrit à France Travail et votre entreprise créée, vous avez deux options mutuellement exclusives pour utiliser vos droits au chômage. Ce choix est irréversible : une fois l'ARCE perçue, vous ne pouvez pas revenir à l'ARE (sauf si vous restituez l'intégralité du capital). Prenez le temps de simuler les deux scénarios avec notre simulateur chômage freelance.

L'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi)

Versement mensuel, calculé à partir de votre Salaire Journalier de Référence (SJR). La formule : ARE journalière = max(40,4% SJR + 13,11 €, 57% SJR). Pour un salaire brut de 3 500 €/mois, cela donne environ 1 950 €/mois.

Pendant que vous développez votre activité freelance, l'ARE est réduite proportionnellement à vos revenus déclarés. En micro-entreprise, France Travail prend en compte 50% de votre CA en services BIC (abattement forfaitaire) et déduit 70% de ce montant de votre ARE. Les jours non indemnisés sont reportés, allongeant la durée de vos droits — vous ne perdez rien.

Avantages : revenu régulier et prévisible, jours reportés (100% des droits perçus sur la durée), filet de sécurité si l'activité ne décolle pas, possibilité de revenir au salariat sans perdre vos droits restants.

Inconvénients : déclaration mensuelle obligatoire à France Travail, réduction dès que vous avez du CA, plafonnement du cumul à 60% des droits restants depuis avril 2025, obligation de recherche d'emploi (même si allégée pour les créateurs).

L'ARCE (Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise)

Versement en capital : vous recevez 60% de vos droits restants en deux versements. Le premier (50% du capital) est versé dès la notification d'acceptation. Le second (50% restant) est versé 6 mois plus tard, à condition que l'activité soit toujours en cours. Les 40% restants sont définitivement perdus.

Exemple concret : si vos droits ARE totaux sont de 30 000 € (18 mois × 1 667 €/mois), l'ARCE verse 18 000 € (60% × 30 000) : 9 000 € immédiatement et 9 000 € à 6 mois. Les 12 000 € restants sont perdus. Après déduction de la CSG-CRDS (6,7%), le montant net est d'environ 16 800 €.

Avantages : trésorerie immédiate pour investir (matériel, stock, communication), pas de déclarations mensuelles, pas d'obligation de recherche d'emploi, liberté totale de gestion.

Inconvénients : 40% des droits perdus définitivement, pas de filet de sécurité si l'activité échoue, l'ARCE est imposable (IR + CSG-CRDS), le 2ème versement est annulé si vous reprenez un CDI dans les 6 mois.

Le verdict chiffré

Notre simulateur calcule le total perçu dans chaque scénario pour votre situation exacte. Dans 70 à 80% des cas, l'ARE cumul rapporte 20 à 40% de plus que l'ARCE au total. L'ARCE n'est préférable que dans deux situations : (1) vous avez besoin d'un capital de démarrage important (stock, matériel coûteux), ou (2) votre CA sera très élevé dès le premier mois et l'ARE serait réduite à presque zéro de toute façon. Consultez notre guide pour optimiser le chômage lors de la création d'entreprise pour aller plus loin.

Guide approfondi

Stratégies de timing, optimisation du cumul, et calcul mois par mois.

Lire le guide optimisation chômage →

4. Choix du statut juridique

Le choix du statut dépend de votre situation personnelle, de votre niveau de CA prévu, de vos charges professionnelles, et de vos priorités (net maximum, sécurité, simplicité). Voici les 4 options avec leurs implications pour quelqu'un qui quitte un CDI. Utilisez notre comparateur de statuts freelance pour une analyse chiffrée personnalisée.

Micro-entreprise : le choix de la majorité

75% des créateurs choisissent la micro-entreprise pour débuter. Création gratuite en ligne (guichet unique INPI), gestion ultra-simple (déclaration en ligne mensuelle ou trimestrielle), cotisations proportionnelles au CA encaissé (pas de CA = pas de charges). Les taux 2026 : 21,2% en services BIC, 25,6% en BNC.

Conseil cumul ARE : créez la micro AVANT l'inscription à France Travail pour un cumul intégral dès le jour 1. Les premiers mois, déclarez 0 € de CA (prospection) pour toucher l'ARE à taux plein.

Limites : plafond de CA (77 700 € en services), pas de déduction de charges réelles, pas de chômage, retraite minimale. Pour en savoir plus, consultez notre guide micro-entreprise.

SASU : la stratégie chômage maximale

Le choix stratégique pour ceux qui veulent toucher 100% de l'AREtout en développant leur activité. En créant une SASU et en ne vous versant aucune rémunération en tant que président, votre revenu déclaré à France Travail est 0 €. Résultat : ARE à taux plein pendant toute la durée des droits, tandis que le CA s'accumule dans la société.

À la fin des droits ARE (12-24 mois), vous commencez à vous rémunérer. Les charges sont plus élevées (~67% du brut en rémunération) mais vous aurez constitué une trésorerie significative. Attention aux frais de fonctionnement : expert-comptable (1 500-3 000 €/an), CFE, RC Pro.

Pour un guide complet, consultez notre guide SASU freelance.

EI au réel : pour les freelances avec des charges

Si vous avez des charges professionnelles significatives (bureau, matériel informatique, véhicule, déplacements fréquents), l'EI au réel permet de les déduire de votre bénéfice avant calcul des cotisations. Si vos charges dépassent 34% de votre CA (abattement BNC) ou 50% (abattement BIC), l'EI au réel est plus avantageuse que la micro. Le cumul ARE fonctionne comme en micro.

Portage salarial : tester sans s'engager

Zéro création d'entreprise : vous signez un contrat de travail (CDI ou CDD) avec une société de portage. Vous facturez via elle et recevez un salaire. C'est la solution idéale pour tester votre activité sans engagement administratif, ou pour sécuriser vos premières missions en attendant de choisir votre statut définitif. Le cumul ARE fonctionne comme pour tout salarié — votre salaire de portage réduit l'ARE proportionnellement. Découvrez le détail dans notre guide portage salarial.

Tableau récapitulatif : quel statut selon votre profil

Votre profilStatut recommandéPourquoi
CA prévu < 40 000 €, peu de chargesMicroNet maximum, zéro complexité
Beaucoup de charges (> 34% CA)EI réelDéduction des charges réelles
Maximiser l'ARE (quitte un CDI)SASU100% ARE sans rémunération
Tester sans créer d'entreprisePortageZéro admin, chômage inclus
CA > 77 700 €, optimisation fiscaleSASUDividendes + PFU 30%

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5. Les premiers pas concrets

Avant de quitter votre CDI (J-90 à J-30)

La préparation avant le départ est critique. La différence entre un freelance qui réussit et un qui galère est souvent la qualité de la préparation en amont. Voici ce que vous devez faire pendant que vous êtes encore en CDI :

  • Constituez une trésorerie de sécurité de 3 à 6 mois de charges fixes (loyer, assurances, alimentation, transport). L'ARE couvre une partie, mais pas la totalité de vos besoins.
  • Développez votre réseau professionnel : activez votre profil LinkedIn, participez à des meetups et des conférences dans votre domaine, recontactez d'anciens collègues et clients. 60% des missions freelance viennent du bouche-à-oreille.
  • Identifiez vos premiers clients potentiels et décrochez des lettres d'intention ou des accords de principe. Vous ne pouvez pas signer de contrats formels (clause d'exclusivité), mais vous pouvez avoir des « accords moraux ».
  • Définissez votre offre et votre TJM. Ne fixez pas votre TJM au hasard : partez de votre objectif de net mensuel et remontez au TJM nécessaire selon votre statut grâce à notre simulateur TJM freelance.
  • Choisissez votre statut juridique — mais sachez que vous pourrez toujours changer plus tard (micro → EI réel → SASU).
  • Utilisez votre CPF pour vous former (comptabilité, gestion, commercial, technique). Vos droits CPF sont actifs tant que vous êtes salarié et le restent en tant que demandeur d'emploi.

Fixez le bon TJM

Partez de votre net cible et trouvez le TJM correspondant pour chaque statut.

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La semaine du départ (J-7 à J+7)

Cette semaine est le moment pivot de votre transition. L'ordre des actions est important :

  1. J-3 à J-1 : récupérez tous vos documents auprès de votre employeur (certificat de travail, attestation employeur, solde de tout compte). Vérifiez que les montants de salaire sont corrects sur l'attestation.
  2. J (dernier jour de contrat) : effectuez la passation, rendez le matériel, saluez vos collègues. Notez les coordonnées personnelles de vos contacts importants.
  3. J+1 à J+5 : créez votre entreprise en ligne (micro sur formalites.entreprises.gouv.fr, ou SASU via un service en ligne). C'est crucial de le faire AVANT l'inscription à France Travail.
  4. J+7 : inscrivez-vous à France Travail en déclarant votre activité existante. Choisissez ARE ou ARCE.

Le premier mois (J+8 à J+30)

  • Ouvrez un compte bancaire dédié (obligatoire en micro si CA > 10 000 €/an, obligatoire en SASU dans tous les cas)
  • Souscrivez une RC Pro (200-800 €/an) — obligatoire pour certaines professions, recommandée pour toutes
  • Créez votre site web professionnel (même simple) et optimisez votre profil LinkedIn
  • Commencez à prospecter activement : répondez aux offres sur les plateformes (Malt, Crème de la Crème, Comet), contactez votre réseau, inscrivez-vous aux ESN (SSII) si pertinent
  • Si éligible, demandez l'ACRE dans les 60 jours suivant la création (−50% de cotisations pendant 1 an)
  • Faites votre première actualisation à France Travail (déclarez 0 € de CA = ARE à taux plein)

Les 3 premiers mois (M+1 à M+3)

Ne vous mettez pas la pression sur le CA immédiatement. Les premiers mois, vous touchez l'ARE à taux plein (déclarez 0 € de CA). Profitez de cette période financièrement sécurisée pour prospecter sans stress, rencontrer des clients, affiner votre offre, et signer vos premières missions.

Conseils concrets pour cette période :

  • Prospectez 2-3h par jour minimum : emails personnalisés, appels téléphoniques, relances, participation à des événements
  • Créez du contenu : articles LinkedIn, études de cas, témoignages. Cela établit votre expertise et génère des contacts entrants
  • Fixez un TJM de démarrage légèrement inférieur à votre cible pour décrocher les premières missions, puis augmentez
  • Rejoignez une communauté de freelances : coworking, Slack/Discord professionnels, associations. L'isolement est le premier ennemi du freelance

Montez en charge progressivement à partir du mois 3-4. À ce stade, votre ARE sera réduite par le cumul, mais les jours non indemnisés allongent vos droits. L'objectif : atteindre un CA suffisant pour vivre de votre activité avant la fin de vos droits ARE. Vérifiez vos chiffres avec le simulateur de revenu net micro-entreprise.

Calculez votre revenu net en freelance

Vérifiez combien il vous reste après cotisations et IR, selon votre statut.

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6. Checklist de départ complète

Imprimez cette checklist et cochez chaque élément au fur et à mesure. L'ordre est important — certaines actions doivent être réalisées avant d'autres pour ne pas perdre de droits.

Phase 1 : Préparation (J-180 à J-90)

  • Constituer une épargne de sécurité : 3-6 mois de charges fixes (loyer, alimentation, assurances, transport)
  • Analyser son marché : identifier les besoins clients, la concurrence, les tarifs pratiqués
  • Définir son offre de services : spécialisation, positionnement, proposition de valeur
  • Calculer son TJM cible avec notre simulateur TJM
  • Comparer les statuts juridiques avec notre comparateur
  • Commencer à prospecter discrètement (LinkedIn, réseau, événements)
  • Utiliser son CPF pour se former si nécessaire

Phase 2 : Négociation (J-90 à J-30)

  • Demander un entretien informel avec votre manager ou RH
  • Négocier la rupture conventionnelle (ou préparer la démission-reconversion)
  • Vérifier les clauses du contrat : non-concurrence, confidentialité, exclusivité
  • Si clause de non-concurrence : négocier sa levée dans l'accord de rupture
  • Simuler ARE vs ARCE avec notre simulateur chômage
  • Préparer la passation de vos dossiers et responsabilités
  • Décrocher une première mission ou lettre d'intention client

Phase 3 : Transition (J-30 à J+7)

  • Signer la convention de rupture conventionnelle (Cerfa 14598)
  • Attendre le délai de rétractation (15 jours calendaires)
  • Attendre l'homologation DREETS (15 jours ouvrables)
  • Récupérer les 3 documents essentiels : certificat de travail, attestation employeur, solde de tout compte
  • J+1 après fin de contrat : créer l'entreprise (micro, SASU ou EI)
  • J+7 : s'inscrire à France Travail en déclarant l'activité existante
  • Choisir ARE mensuelle ou ARCE capital

Phase 4 : Lancement (J+7 à J+60)

  • Ouvrir un compte bancaire dédié à l'activité
  • Souscrire une RC Pro (responsabilité civile professionnelle)
  • Souscrire une mutuelle individuelle (ou activer la portabilité 12 mois)
  • Si éligible : demander l'ACRE dans les 60 jours
  • Créer un site web professionnel (même une simple page de présentation)
  • Optimiser son profil LinkedIn
  • S'inscrire sur les plateformes freelance (Malt, Crème de la Crème, Comet, FreelanceRepublik)
  • Mettre en place sa facturation (outil en ligne ou template Excel)
  • Rejoindre une communauté de freelances (coworking, Slack, association)

Phase 5 : Premiers mois (M+1 à M+6)

  • Faire sa première déclaration/actualisation France Travail chaque mois
  • Envoyer ses premières factures et suivre les paiements
  • Mettre en place un suivi de trésorerie simple (entrées/sorties)
  • Déclarer son CA sur le site de l'URSSAF (mensuel ou trimestriel)
  • Constituer un fonds pour les impôts (mettre de côté ~15-25% du CA)
  • Augmenter progressivement son TJM après les premières missions réussies
  • Demander des recommandations et des témoignages clients
  • Évaluer son statut juridique : est-ce toujours le bon choix ?

Les erreurs les plus fréquentes des 6 premiers mois

Pour finir ce guide, voici les erreurs que nous voyons le plus souvent chez les freelances qui se lancent — et comment les éviter :

  1. TJM trop bas : par peur de ne pas trouver de clients, beaucoup fixent un TJM inférieur au marché. Résultat : volume de travail élevé pour un net insuffisant. Commencez au tarif du marché et ajustez.
  2. Négliger la prospection : une mission ne suffit pas. Prospectez en continu, même quand vous êtes en mission, pour éviter les trous d'activité.
  3. Oublier les impôts : en micro, les cotisations sont prélevées sur le CA mais l'IR tombe en plus (sauf VL). Mettez de côté 10-15% du CA pour l'IR dès le premier mois.
  4. Sous-estimer l'isolement : après des années de bureau, l'isolement est le premier choc. Investissez dans un coworking ou une communauté dès le début.
  5. Ne pas facturer les frais : déplacements, repas clients, outils — beaucoup de freelances absorbent ces coûts au lieu de les facturer ou de les intégrer au TJM.

Questions fréquentes

Peut-on devenir freelance après une démission ?+
Oui, mais sans droit au chômage sauf en cas de démission légitime ou de projet de reconversion validé par une commission paritaire. La rupture conventionnelle reste la voie la plus sécurisante car elle ouvre automatiquement les droits à l'ARE.
Combien de temps faut-il pour préparer sa transition ?+
Comptez 3 à 6 mois : 1 mois pour négocier la rupture conventionnelle, 15 jours de rétractation, 1 mois d'homologation DREETS, plus le temps de préparer votre projet (premiers clients, site web, choix du statut). Commencez à prospecter avant même de quitter votre CDI.
Faut-il avoir des clients avant de quitter son CDI ?+
Ce n'est pas obligatoire mais fortement recommandé. Avoir une première mission signée avant de quitter votre CDI réduit le stress financier et prouve la viabilité de votre projet. Pendant votre CDI, vous pouvez prospecter et signer des lettres d'intention sans créer de conflit d'intérêts (hors clause de non-concurrence).
Quel capital faut-il avoir pour se lancer ?+
Prévoyez au minimum 3 mois de charges fixes (loyer, assurances, vie courante) en trésorerie de sécurité, en complément de l'ARE. Si vous optez pour l'ARCE, elle constitue votre capital de démarrage. En micro-entreprise, les coûts de lancement sont quasi nuls (0 € de création, pas de comptable obligatoire).
Comment négocier une rupture conventionnelle ?+
Préparez un argumentaire centré sur l'intérêt mutuel : éviter un départ démotivé, transition en douceur, transmission de connaissances. L'indemnité légale est de 1/4 de mois par année d'ancienneté. Vous pouvez négocier au-dessus, mais attention : l'excédent allonge le délai de carence ARE.
Quelles sont les clauses du contrat à vérifier avant de partir ?+
Vérifiez trois clauses essentielles : (1) la clause de non-concurrence, qui peut vous interdire de travailler dans votre secteur pendant 1 à 2 ans — elle doit être assortie d'une contrepartie financière sinon elle est nulle ; (2) la clause de confidentialité, qui reste active après le départ ; (3) la clause d'exclusivité, qui prend fin avec le contrat. Si une clause de non-concurrence vous bloque, négociez sa levée dans le cadre de la rupture conventionnelle.
Peut-on cumuler un CDI à temps partiel et une activité freelance ?+
Oui, sauf clause d'exclusivité dans votre contrat. Vous pouvez demander un passage à temps partiel (80% ou 4/5ème) pour lancer votre activité freelance en parallèle. C'est une stratégie de transition progressive qui réduit les risques. Attention : vous devez respecter la loyauté envers votre employeur et ne pas travailler pour ses concurrents directs.
Comment se former avant de se lancer en freelance ?+
Pendant votre CDI, utilisez votre CPF (Compte Personnel de Formation) pour vous former en gestion, comptabilité, commercial ou dans votre domaine technique. Après votre départ, France Travail propose aussi des formations financées. Les freelances éligibles à l'ACRE ont souvent accès à des parcours d'accompagnement CCI/CMA gratuits.
Quelles assurances sont obligatoires en freelance ?+
La RC Pro (Responsabilité Civile Professionnelle) est obligatoire pour certaines professions réglementées (BTP, santé, juridique, immobilier) et fortement recommandée pour toutes. Comptez 200 à 800 €/an selon votre activité. Si vous quittez la mutuelle de votre employeur, souscrivez une mutuelle individuelle (portabilité de 12 mois maximum avec l'ancienne mutuelle).
Quelle est la différence entre portabilité des droits et nouvelle mutuelle ?+
À la fin de votre CDI, vous bénéficiez de la portabilité de votre mutuelle d'entreprise pendant 12 mois maximum (gratuit, maintien des garanties). Passé ce délai, vous devez souscrire une mutuelle individuelle. En micro-entreprise, comptez 40 à 100 €/mois. En portage salarial, la mutuelle est incluse (obligation légale de l'employeur).

Hypothèses de calcul et sources

Dernière mise à jour :

Sources officielles

  • Service-Public.fr — Rupture conventionnelle : procédure et indemnité
  • France Travail (ex-Pôle Emploi) — ARE et ARCE : conditions et calcul 2026
  • Code du travail — Articles L1237-11 à L1237-16 (rupture conventionnelle)
  • URSSAF — Taux de cotisations micro-entreprise 2026
  • DREETS — Procédure d'homologation TéléRC

Hypothèses retenues

  • Taux de cotisations basés sur les barèmes URSSAF en vigueur au 1er janvier 2026
  • Calcul ARE basé sur la formule officielle France Travail (SJR)
  • Indemnité de rupture conventionnelle calculée sur le minimum légal (1/4 mois par année)

Ce que le simulateur ne prend pas en compte

  • Les conventions collectives peuvent prévoir des indemnités supérieures au minimum légal
  • Le délai de carence réel dépend des congés payés non pris et des indemnités supra-légales
  • Les règles France Travail peuvent évoluer en cours d'année

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